Archive pour mai, 2012

50ème parallèle, Sud

 

SOMMAIRE

PREFACE    …………………………………………………………..    Page   2

LE NERF DE LA GUERRE    ………………………………………    Page   4

LE CHOIX DES ARMES    ………………………………………….    Page 15

LE NOMBRIL DU MONDE   ……………………………………….   Page 18

REMUE… MENAGE ………………………………………………..   Page 25

 

PREFACE

Les cultures nées des Premiers Hommes ont inspiré le Monde Moderne. Personne n’en doute.

Je ne parle pas là du Monde actuel, notre Monde tel que nous le connaissons à l’heure où je m’adresse à vous, mais bien le Monde qui, basculant sur une ère nouvelle, devient en ce sens un Monde Nouveau, donc « Moderne ».

 

Il en fut donc ainsi maintes et maintes fois depuis que l’Homme s’est détaché du monde animal. C’est l’évolution.

Il est bien loin le temps des cellules, unies et modifiées, évoluées, sortant de l’eau en rampant sur la terre ferme pour enfin grimper aux arbres…

Chaque ère marque une période, qui marque à son tour la fin d’un état et le commencement d’un autre, sur des milliers d’années. Et, car plus portées à notre connaissance puisque plus exaltantes par leurs cruautés, ces périodes de grands changements – certaines sur des centaines d’années, d’autres des milliers… – sont survenues partout, sur tous les continents, et finalement, en un temps « record ».

 

Les premiers navigateurs ayant exploré l’immense Pacifique,  les Maoris, sont les plus souvent pris en exemple – en grand nombre sur des radeaux et des pirogues à balancier, ils se livraient aux caprices des vents et des courants, en quête de nouvelles Terres.

Des Terres plus fertiles, leurs nouvelles propriétés, où, fuyant les batailles féroces des chefferies ou encore, sauvant leur peuples des manques alimentaires ou des bouleversements météorologiques, ces combattants dans l’âme cherchaient à explorer de nouveaux horizons puis s’installaient au nom seul de leurs héros ou de leurs Dieux… afin d’y subsister dans les conditions idéales, fidèles à leur propre civilisation.

 

Pour comprendre les véritables exploits accomplis par les Polynésiens, il faut avoir vécu et dormi pendant une semaine sur le pont inconfortable et nauséabond d’une goélette à coprah roulant dans les vagues. Les premiers Polynésiens subirent des privations difficilement imaginables aujourd’hui. Si les quatre mille kilomètres qui séparent les îles de la Société d’Hawaï ne représentent que quelques centimètres sur la carte, les couvrir sur une pirogue à demi abritée, chargée d’hommes, de femmes, d’enfants, d’animaux et des précieux plants, dût constituer une effroyable épreuve.

 

Leurs pirogues, longues de cinq à neuf mètres, à l’origine creusées dans un tronc d’arbre, ces fragiles va’a tiraient leur élan prodigieux des muscles puissants et de l’habilité séculaire des courageux pagayeurs.

 

Leur courage et leur persévérance, distingués fièrement au fil des générations, fut ingratement remercié par les Européens qui utilisèrent leur « sauvagerie » en les attribuant comme « primitifs », « indigènes », « barbares »… car atypiques et « inférieurs », se plaisant dans la simplicité d’un quotidien au jour le jour… mais, finalement, « survivants d’un Age d’or révolu » !

Ne sous-estimez pas ces peuples, ils peuvent tant vous apporter… tant dans la spiritualité que dans l’approche du Monde et de ses vrais valeurs.

Les Européens, ces hommes à la peau si blanche que celle-ci se teintait de honte sous le soleil brûlant quand, à la descente des navires innombrables, leurs pieds se posaient sur ces nouveaux Eldorado !

 

L’appartenance à la Terre – et réciproquement – est l’image que l’on se fait en tant qu’humain, qui par ailleurs  inquiet sur son devenir, s’accroche à un futur qui dépend de ce que les « Premiers arrivants » en ont fait.

Alors l’Homme réfléchit, observe puis innove, ou pire encore, modifie, bouleverse, mais toujours se réfère à l’expérience, au vécu de ses « Premiers ». C’est là une forme d’évolution puisqu’Il ne puise alors que ce que bon lui semble de requérir. Un Conservateur dans le bon sens du terme !

Beaucoup hélas ont aussi retenu – et entretenu – les erreurs passées,  obéissant au protocole des dirigeants, au ministère du Pouvoir de décision, au bon « savoir prendre possession »… Que de  stratégie !

 

L’Homme marche sur les pas des Anciens, se servant de leur passage pour suivre la conduite à tenir qui se doit d’être parfaite, le bon chemin, le respect de tout…  

Son code de moralité est hélas parfois bafoué et c’est ainsi que les batailles, les rancunes se déploient et que les croyances se forgent.

L’intolérance et l’incompréhension, les deux fléaux de la nature humaine !

 

 

LE NERF DE LA GUERRE

 

Les origines polynésiennes les plus anciennes auxquelles on puisse remonter actuellement peuvent être localisées parmi les dernières cultures néolithiques des Philippines ou d’Indonésie orientale. Elles se situent dans une période comprise entre 1 500 et 1 000 avant J.- C.

 

Par la suite, les mouvements des premiers Polynésiens à travers la Mélanésie sont clairement retracés à l’aide des céramiques particulières de la culture Lapita (1 500 – 500 av. J.- C.), découvertes dans des sites s’échelonnant depuis la Nouvelle-Guinée jusqu’aux Tonga et Samoa.

Les Lapita qui s’implantèrent en Mélanésie furent plus tard absorbés par ces populations, et seules quelques traces raciales ou ethnographiques attestent leur présence.

 

Assez curieusement, il fallut aux navires européens plus de trois cents ans pour « découvrir » l’ensemble de la Polynésie, cheminement qui commença avec Ferdinand Magellan en 1521 et se termina en 1835. Nous sommes en effet plus proches par le temps du capitaine Cook, le plus grand parmi les explorateurs du Pacifique (entre 1769 et 1778) que Cook lui-même ne l’était de Magellan !

Européens… Nous nommerons ici et de cette manière les étrangers, si on se positionne comme défenseur de l’espèce dite primitive, celle qui a des valeurs, des références de base – que l’on appelle plus couramment « us et coutumes » : les racines.

 

Il est entendu que certains peuples indigènes ont su soutenir de bien sombres réputations à travers leurs moeurs, leur savoir-vivre en société et leur façon cruelle d’honorer les esprits, mais qu’il en soit ainsi dans un monde où, contrairement aux étrangers, on ne connaît pas le sentiment de trahison, de honte et d’égoïsme ; ou s’il en est, ce sentiment est puni et non honoré, pour la sauvegarde et la conservation !

 

La conquête de territoires plus grands, plus vastes, plus riches – toujours plus loin – a porté ses fruits.

Ces mêmes fruits, gorgés du soleil tropical, ayant atterris dans l’assiette des Européens, de leurs esclaves et des colons américains pendant la ruée vers l’or. ..

 

On peut imaginer le végétal aux formes et aromes exotiques que les étrangers, les yeux écarquillés, dégustaient en s’esclaffant de cette découverte, de cette étrangeté. Il était si inattendu aussi de se parfumer des essences florales, si rares, arrivées de pays lointains où la plupart des élégantes de l’époque ne mettraient jamais les pieds ! C’était une manière pour ces Européennes de se distinguer des belles indigènes dont elles se rapprochaient paradoxalement en faisant usage de leurs produits de beauté : un voyage, l’exotisme.

 

Le monoï, par exemple, remontant à la plus haute antiquité tahitienne, il s’obtient par une longue macération de fleurs de tiare, de santal… dans de l’huile de coco.

Ce cosmétique sert à tout ou presque. Jadis, les Tahitiennes en enduisaient leurs bébés des pieds à la tête. Elle continuent aujourd’hui à s’en mettre partout sur le corps, ce qui leur donne une peau douce et lisse. Sans oublier leur énorme masse de cheveux qu’elles soignent grâce à ce traitement.

 

Les produits de la mer et la culture de tubercules et de fruits étaient la base de l’économie polynésienne. On trouvait taro, igname, patate douce, noix de coco, fruit à pain et banane, mais aussi en moindre importance le pandanus, la courge, le châtaignier tahitien et toute une série de produits de cueillette. Les céréales étaient absentes et même le riz et le millet, tous deux récoltes importantes en Asie du sud-est. Parmi les plantes citées, le cocotier offrait certainement le plus large éventail de ressources. Il fournissait une nourriture solide ainsi qu’un liquide potable. De plus, il donnait des fibres pour les cordages, des feuilles pour les toitures et le tressage, des coquilles comme récipients et des troncs pour les poteaux des cases et les ponts.

 

D’ailleurs, les Européens firent de même lorsque leur apparut l’Indien, l’Africain, le Maori…, la crainte des réactions de ces « sauvages » en sus… Eux qui se battaient, selon l’Européen, pour des causes à ses yeux bien plus futiles que les siennes, les siennes entre autres jouées de stratégie afin de monter un échelon dans l’échelle du pouvoir, genou à terre et tête baissée au pied de leur Souverain, dans le seul but d’atteindre biens et honneurs ! L’enjeu était de taille mais l’enjeu était très personnel aussi.

 

C’est ainsi que des lieux, des semblants de rues passantes, des îles mêmes, qui jusqu’alors portaient des noms divins aux allures mythiques, furent remplacés par des noms estampillés de notables européens qui les avaient renommés à leur guise, bien souvent au fil des fréquents changements de dirigeants, plus sûrement au gré de leurs visites et de leurs nouvelles innovations.

 

Ainsi, la ville de Papeete était appelée Puerto de Santa Maria par l’officier Thomas Gayangos de la frégate espagnole « Aguila ».

Puis Vai’ete devint Papeete et l’un de ses « districts », Taupo s’appela Tipaerui.

Mais selon les habitants, il était « tapu » – donc interdit – d’utiliser certains mots sacrés ou réservés aux Chefs et c’est ainsi que les appellations s’enchaînèrent pour arriver au nom définitif de ce qui deviendra le chef-lieu de cette future colonie, à l’arrivée de Pomare IV sur le trône.

 

Le combat des autochtones ? Conserver leur territoire et permettre à un peuple entier, le leur, d’y évoluer. Rien de plus noble dans cette démarche simple et naturelle !

 

Observés comme des curiosités, ces « indigènes » – comme ils étaient catalogués – étaient exposés tels des trophées de cette petite « guerre des propriétés » de l’époque. Hélas, il reste encore de nos jours des stigmates de ces comportements dégradants.

Qu’elles soient choisies comme main d’oeuvre dans les grandes maisons ou déportées pour les grands travaux, des familles entières étaient ainsi séparées et les femmes convoitées… Ici, on fera plus particulièrement référence à la Nouvelle-Zélande où les Anglais s’imposèrent aussi durement.

On avait pendant ces temps, pendant ces décennies, sous les yeux, le visage de la guerre sans en connaître réellement les deux camps. La pression européenne était bien implantée, mais l’autre camp ne faisait pas vraiment équilibre sur la balance du pouvoir et de l’ordre.

Cela se passe toujours ainsi dans le protocole de la colonisation. On découvre, on embellit, on défait, mais toujours on s’approprie.

 

De nos jours, il est agréable et enrichissant de s’abreuver de connaissances scientifiques et ethnologiques en se promenant dans les musées. Autrefois, observer un « monstre » de muscles, solidement athlétique, paré de plumes d’oiseaux sacrés, tatoué sur tout le corps et parfois le visage, véhiculait l’image d’une nouvelle race. L’avenir d’une nation pouvait-il reposer sur une telle découverte ? Les femmes à la plastique généreuse et proportionnée, au grain de peau mâte et lissé – et leurs cheveux, cette matière parfumée d’huile locale, si doux…

Quelles curiosités ! Et quelle richesse aussi… Un vrai potentiel pour l’Europe !

Jadis, les talents de tatouage étaient réservés aux Chefs et aux guerriers.

Certains « artistes » utilisaient de petits os d’oiseaux ou même d’humains.

 

Ces « sauvages » étaient presque nus, quel outrage ! Fallait-il comprendre que ces atouts étaient aussi leur arme bienveillante ? En ces temps de découverte et d’évangélisation de peuples reculés, il était outrageusement scandaleux de se présenter ainsi !

En effet, ils furent enviés, jalousés bien sûr, mais en les regardant, on pouvait embarquer sur la première frégate et rejoindre ainsi ces îles à la végétation abondante, aux senteurs sensuelles.

Notons toutefois que les chefs tahitiens exerçaient un pouvoir considérable sur leurs sujets : ils se faisaient porter sur le dos de leurs serviteurs et leurs sujets devaient dénuder la partie supérieure de leur corps devant eux…

 

D’une alliance des Polynésiens avec les Mélanésiens, il en résulta plusieurs changements dans les caractères physiques qui se sont alors éloignés de ceux du sud-est asiatique. Toutefois, les caractéristiques mongoloïdes – peau claire, cheveux noirs et raides, pilosité relativement peu abondante, fréquence assez grande d’incisives en spatule et du pli mongoloïde (epicanthus) – sont bien marquées chez les Polynésiens, mais il existe de nombreux individus à la peau plus sombre et aux cheveux ondulés ou crépus s’approchant davantage du type mélanésien. Les Indiens d’Amérique du Sud sont également de race mongoloïde et d’origine lointaine sud-est asiatique.

 

Les Polynésiens aiment la couleur, signe de positivité, de beauté, de joie de vivre… et de respect. En Europe, le ton était sombre et les rues demandaient discrétion autant que les sobres parures vestimentaires – sans doute à l’image du climat européen et aux difficultés intra territoriales que rencontraient les régions. La magnificence des édifices bâtis suffisait à impressionner. Seuls les drapeaux relataient l’histoire et les combats par cette couleur affichée aussi sur les toiles de Maîtres…

Le rouge, mon Dieu ! Ici, c’est le Diable, là-bas, c’est le Sacre de Dieu lui-même… Les anciens Maoris utilisaient fréquemment le kiea, végétal dont les anciens Pascuans extrayaient la teinte rouge pour l’utiliser sur la peau ou les vêtements.

 

Le toucher, instrument essentiel pour connaître le monde est un bonheur. Faire vibrer ses doigts, sa peau, son corps… Là encore, une manière d’être des Maoris.

 

Comme chacun le sait, l’oeil est un morceau de Roi…

Les Dieux avaient grand appétit dans ces îles et exigeaient régulièrement des victimes. On sacrifiait à Ta’aroa, à son fils Oro et quelques autres Dieux. Mais attention, si les Dieux n’exauçaient pas assez vite les voeux, on se retournait contre eux, quitte à les bannir et à leur trouver un successeur plus coopératif !

 

Aux temps anciens, Raiatea se serait appelée « Havai’i fanau’ra fenua » : « Havai’i le berceau des terres ».

Selon les récits recueillis par l’ethnologue Peter Buck, Tahiti, Moorea et le reste des îles Sous-le-Vent auraient été créées à partir d’un poisson-terre dérivant à Havai’i vers le sud-est pour se partager en plusieurs îles. Une chose est sûre, « Raiatea la Sacrée » fut considérée pendant des siècles comme l’île mère et la métropole religieuse de tous les archipels polynésiens, car ce peuple de Raiatea entreprit alors d’étendre son influence au reste de la Polynésie y compris à l’île de Pâques, mais à l’exception de Tonga et de Samoa, et ceci par une série de grandes migrations, entre le XIIème et le XIVème siècles.

Autour de sanctuaires à ciel ouvert, se retrouvaient des prêtres venus souvent des îles les plus lointaines, Samoa et les Tonga. Les nombreux vestiges de « marae », plates-formes de basalte et de corail, devant lesquelles s’ouvrait une cour délimitée par un mur d’enceinte, témoignent partout de ce passé rituel.

Construit à Opoa, résidence attitrée de la cruelle et libertine société des Arii qui régulait le rythme des naissances, le grand « marae » de Taputapuatea devait ainsi consacrer le dieu Oro, dont le culte s’étendra jusqu’à Tahiti.

A ce rayonnement religieux, Raiatea ajoutait une nette prédominance politique. La dynastie des Tamatoa, chefs descendants des dieux, dominait un puissant système aristocratique. Par le biais des alliances, son influence la rattachait aux autres familles régnantes de l’archipel. Mais à cette époque de rivalités insulaires, les renversements de situation n’en n’étaient pas moins fréquents. Et lorsque James Cook la reconnut pour la première fois, l’île se trouvait avec Tahaa sous la tutelle du roi Puni de Bora Bora.

D’âge en âge, avec ses 42 « marae » sacrés, Bora Bora vivait ainsi parmi les fleurs, les chants, les danses, les pêches communautaires, les présages, le sang des guerres et des sacrifices religieux.

 

Bora Bora aurait été la première île tirée de l’océan par le dieu suprême Ta’aroa… après la création de la légendaire Havai’i, alias Raiatea ! Mais Ta’aroa avait plus d’un tour dans son sac. Quand son fils Oro fut prêt à tenir son rôle d’intermédiaire entre les êtres célestes et terrestres, c’est à Bora Bora qu’il l’envoya prendre femme.

Ses habitants étaient jugés trop dangereux par Tupaia, tahitien embarqué à bord de l’Endeavour, pilote et interprète attitré de James Cook, le capitaine.

 

En effet, Tupaia craignait les guerriers du roi Puni. Pour plus d’effet, il n’hésitait pas à affirmer également que les cochons y faisaient défaut et que les femmes y étaient horriblement laides…

Sans doute déjà reconnue dès 1722 par le Hollandais Roggeveen, celle que Cook prénommait « Bola Bola » était à l’époque en pleine expansion stratégique. Elle disputait à Raiatea l’hégémonie politique et religieuse de l’archipel.

 

Sa première renommée au-delà des mers, Huahine ne la devait pourtant ni à ses légendes, ni à ses reines, ni à son tempérament sauvage et réfractaire. Elle la devait à un de ses fils, le jeune et attachant Omai, qui embarqua à bord de l’Adventure, suivit Cook dans son second tour du monde, l’accompagna en Angleterre, devint la coqueluche des salons victoriens, puis regagna sereinement son île quatre ans plus tard, à l’occasion du troisième et bientôt funeste voyage du grand capitaine. Ce même passage océanien qui devait permettre à James Cook et à Bora Bora de faire enfin vraiment connaissance…

 

Curieusement, selon ce que ces « indigènes » représentaient à travers leurs signes physiques, leur couleur de peau ou encore leur acharnement, en fonction aussi de la taille de leur île d’origine, du type de gouvernement, de chefferie, selon que leurs coutumes semblaient trop fantaisistes, trop fantastiques, ces « indigènes » étaient susceptibles d’être intéressants pour leur main d’oeuvre en masse, pour la puissance de leurs richesses naturelles et nourricières. L’humilité de ces peuples forts et bien silencieux qui ne se plaignent jamais, servait alors aux Européens comme vertu à la soumission.

 

Ainsi, simultanément, la vilaine période d’esclavagisme fit-elle couler tant de sang et d’encre. On connaît trop bien les expéditions négrières du XVII et XVIIIème siècles, mais n’oublions pas le traitement affligé aux autochtones du Maghreb et de l’Inde Occidentale, et la mise à l’écart des Indiens d’Amérique pour qui, chaque tribu avait sa langue, ses traditions, son organisation sociale. Mais toutes entretenaient avec la nature le même respect et le même amour filial. « Les Indiens vivaient en communion avec la nature. Pour eux, il y avait des esprits dans les arbres, des esprits dans les plantes, des esprits dans les fleurs. C’est ce que les Catholiques ont voulu détruire. Notre peuple a été détruit et martyrisé au- delà de la limite. Un véritable holocauste. »

Les attaques des forces espagnoles menées par Francisco Pizarro en 1532 causèrent la chute de l’empire inca. L’attaque menée par Cortes et les forces espagnoles en 1519 allaient décimer 90 % de la population maya en moins de 100 ans. La seconde attaque espagnole de 1521 détruisit l’empire aztèque. Les maladies apportées par les Espagnols furent une des causes de ce désastre.

 

Après le Protectorat français, à Tahiti, on parlera du Polynésien comme étant « le bon sauvage ».

Sauvage, il va sans dire, puisque vivant avec la nature ; cette nature qu’il connaît si bien… Bon, parce que la rage qui l’habite est celle de l’Homme qui s’en remet aux Dieux et qui se défend des nuisances et visites qui se font trop impétueuses : l’Homme qui observe en silence, et parfois tolère, l’Homme qui craint et protège.

 

Un sentiment trop grand envahit l’Homme depuis les temps les plus reculés : l’acte de possession s’inscrit dans ses ambitions sans se préoccuper des conséquences, assuré que tous porteraient un regard admiratif et respectueux sur sa réussite.

Quelle réussite ? La réussite financière, puis, forcément, le Pouvoir, la sortie du rang, la reconnaissance de ses pairs…

Le Pouvoir, les chefferies les maîtrisaient à leur manière choquante parfois aux yeux surtout des grands continents.

 

Les sociétés qui s’étaient développées en Polynésie tropicale vers 1800, possédaient chacune leur propre originalité, malgré le degré frappant d’homogénéité de l’ensemble. Dans les archipels fortement peuplés comme Hawaï, Samoa, Tonga et les îles de la Société, des chefferies hautement hiérarchisées avaient vu le jour. Elles avaient réalisé des structures de pierre monumentales extraordinaires, et le domaine archéologique dans ces régions est donc relativement riche.

 

Les Tiki en basalte étaient en grand nombre jusqu’à ce que les missionnaires anglais ne jettent les idoles au feu. Ils auraient bien mis les Polynésiennes au milieu…

Dès la naissance, le combat est inégal. Ces femmes poussaient de la Terre et de l’Enfer !

Ces Eves à la peau cuivrée étaient représentatives de tant de voluptés. Aux yeux des missionnaires, choqués par ces fleurs trop capiteuses, considérait l’Océanie comme n’étant qu’un gigantesque lupanar : « Aucun humain n’est tombé aussi bas dans la pire des licences et la plus bestiale des dégradations » (Révérend William Ellis à Tahiti).

 

Aujourd’hui encore, il suffit d’applaudir une troupe de danse pour comprendre ce qu’une Polynésienne sait faire de son corps. Dans l’art de la suggestion, ces beautés ne craignent personne.

A quoi cela tient-il ? Ont-elles un truc ? Un chromosome de plus ? Une particularité anatomique ? Difficile à dire…

Elles sont nées en Polynésie et cela suffit.

 

A Mangareva, le père Caret s’en frottait les yeux : Rao, Dieu de la passion honteuse, présidait aux orgies ! Un cauchemar…

 

Le dialogue n’était pas possible. A moins que le « Premier » ne soit soumis, dans l’âme et dans le corps…

 

Ces missionnaires anglais enseignèrent les Evangiles, jetèrent les oeuvres d’art locales et vêtirent toutes les Polynésiennes d’une tenue ample et chaste, la fameuse « robe missionnaire » et crurent le problème réglé. Aujourd’hui, ces robes à dentelles, très colorées, ont été détournées en parures de fête…

Il est utile de rappeler que toute habitation d’homme du peuple recevant la visite du chef était ensuite brûlée en raison du tapu…

 

C’est ainsi qu’en 1803 régna le plus grand désordre à Tahiti : « Il était plus difficile d’évangéliser les bagnards d’Australie que de convertir ces cannibales ».

 

Il fut toutefois indispensable de soigner d’abord les habitants de l’île avant de leur transmettre une quelconque santé spirituelle. C’est ainsi que le Pasteur Crook, avec l’aide de son épouse et de ses filles, créa le premier hôpital Paofai, encore connu de nos jours.

 

Au XVIIème siècle, Pomare 1er, Chef de l’île de Tahiti, se distinguait comme un « roi » aux yeux des nouveaux visiteurs étrangers. A l’arrivée de son fils sur le trône, les Chefs de la côte ouest finirent par se révolter contre son fils, Pomare II, cruel et sauvage, grand amateur de rhum… Celui-ci fut baptisé le 15 mai 1819 à Papaoa. Les « indigènes » le suivirent dans cette évangélisation, de plus en plus nombreux.

Pomare II épousa Teremoemoe, dont il eut un fils – premier roi chrétien – né le 25 juin 1820. Dix-huit mois plus tard, Pomare II se mourrait.

 

Le Pasteur Crook prit sa retraite bien méritée en Australie. De ce fait, il n’y avait plus de pasteur pour diriger l’hôpital et l’arrivée de baleiniers en grand nombre ne fit qu’empirer le déclin que subissait Tahiti. Ils apportaient rhum et gin et l’accueil des femmes les en remerciait.

 

Pomare III meurt. Sa soeur, Aimata, prend le trône à l’âge seulement de quatorze ans. Les véritables maîtres sur Tahiti sont alors les missionnaires protestants anglais.

Pomare IV épouse l’ari’i Tapoa de Bora Bora. Mais la jeune reine, fervente de la « secte » Mamaia, rejoint ses prophètes originaires des Iles-sous-le-Vent, Teao de Paofai et Hue de Punaauia. Là, ils priaient et croyaient en Jésus-Christ, mais restaient en dehors immoraux et licencieux.

 

En effet, il fut soulevé un certain mélange de christianisme avec l’ancienne religion locale dans laquelle il était fréquent de faire appel aux vieilles divinités telles qu’Oro, Tane et bien d’autres…

 

Les adeptes de cette « secte » prirent alors pour exemple Salomon et se justifient : si tout sage qu’il était, ce prince avait plusieurs femmes, ne pourraient-ils pas, eux, en avoir quelques-unes, et surtout en changer quand il leur plaît ? Avec cela point de punition dans l’autre vie, au contraire.

 

Pendant ce temps, les Tahitiens rebroussaient à grand pas vers leurs anciennes moeurs…

Deux grands Chefs de l’île, Tati de Papara et Hitoti de Hitiaa eurent recours à la force et chassèrent la reine et ses prophètes d’où ceux-ci arrivaient.

La reine s’installa alors à Raiatea et imposa aux Chefs de Tahiti un hommage à l’image proscrite des anciennes cérémonies à caractère obscène, ce qui fut une soumission humiliante pour ces Ari’i de Tahiti.

Tati et Hitoti assiégèrent à nouveau la ville. Les mercenaires de la reine prirent peur que l’arrivée de deux navires de guerre anglais ne prennent le parti des missionnaires, et s’enfuirent précipitamment sur leurs pirogues avec leurs guerriers.

 

Papeete était devenue une ville maudite…

La reine repoussa son époux, trop sérieux et ennuyeux à son goût, et prit comme nouveau mari son cousin de Huahine, Ariifaite, de la lignée du roi Puni, et dont elle eut cinq enfants dont la Reine Teariimaevarua, souveraine de Bora Bora.

 

Tati écrasait les derniers Chefs Mamaia, ceux de Taiarapu et détruisait ainsi les derniers foyers de cette secte hérétique.

Puis ce fut au tour de Pomare IV, qui, fortement humiliée, jura de se prêter au culte régulièrement, ayant renoncé à toute pratique païenne. La reine tint parole.

 

Puis arriva Moerenhout et son épouse chilienne : « La vie la plus licencieuse et la plus désordonnée fut la suite inévitable du rapprochement d’hommes tels que les marins et des gens aussi peu scrupuleux que les insulaires. Quand il y avait dix à douze bâtiments dans le port, ce n’était que rixes, combats, cris, tapage, au point qu’une personne décente osait à peine sortir de sa maison et il n’était pas rare d’être insulté jusque dans sa demeure. Ces excès des Etrangers ne laissaient pas d’avoir une influence très fâcheuse sur les Tahitiens, qui, comme toutes les nations dans leur état, ne sont que trop portés à l’ivrognerie (…). L’argent reçu en échange de provisions fournies, gagné par le travail, et même par la prostitution, était également dépensé en liqueurs fortes ».

 

De nouveaux gendarmes insulaires, « Motoï », prirent la garde de la prison alors créée à Tipaerui. Les évasions se multipliaient et les pauvres indigènes nouvellement gradés n’avaient aucun pouvoir contre ces marins malfaisants…

Toutefois, un des premiers hommes condamné à la pendaison le 6 février 1839, fut un cambrioleur noir américain qui, en juin 1838, avait assassiné Madame Moerenhout et sérieusement blessé son mari…

 

En désespoir de cause, la reine et les Chefs s’adressaient aux commandants des navires de guerre de passage, qu’ils soient américains, anglais ou français, les implorant de punir ou d’enlever les pires des brigands. Un seul moyen pouvait mettre fin à ce désordre : demander à un gouvernement européen de prendre possession de Tahiti.

 

La reine Pomare IV signa alors une pétition à l’attention de la Reine Victoria. Le gouvernement londonien refusa, considérant ce cadeau comme empoisonné, n’ayant aucune valeur économique ni stratégique. Notons toutefois que la souveraine ne recevait que des présents de bien basses qualités de la part du royaume britannique : on se souvient d’un splendide collier fait de… fausses perles ! Et ce n’est là qu’un exemple de la générosité et du respect anglo-saxon envers cette île et son « gouvernement »…

 

Les Anglais nommèrent seulement le Pasteur George Pritchard comme consul d’Angleterre, à Paofai.

 

Moerenhout, belge d’origine, et consul d’Amérique pendant un temps puis devenu consul de France à la demande de Dupetit-Thouars, souhaitait que ce soit la France qui assume la protection du royaume des Pomare.

 

Dupetit-Thouars persuada la reine Pomare IV et décision fut approuvée par le Roi Louis-Philippe.

 

Vingt années s’étaient écoulées depuis l’intervention utile du Pasteur Crook et de sa famille.

 

« Tous ces ports du Pacifique, où les baleiniers font escale, offrent l’image du désordre et de la licence la plus effrénée, les querelles sont nombreuses et les suites fâcheuses qui les accompagnent font regretter qu’il n’y ait point, dans chacun de ces pays, un bon gouvernement, à la fois ferme et équitable, pour maintenir l’ordre parmi les marins des différentes nations. La protection de notre gouvernement est devenue un des plus pressants besoins de la pêche de la baleine dans l’Océan Pacifique, et particulièrement dans la Polynésie ». (Rapport de Abel Dupetit-Thouars).

 

Un navire par an était envoyé par la France, avec des escales plus ou moins longues à Papeete.

 

Soutenu par Paraita, représentant d’une nouvelle génération d’hommes qui avaient réussi à s’imposer malgré leur modeste origine sociale, Moerenhout incita les Tahitiens à demander au Roi de France, et non à la Reine Victoria, la protection.

 

Pendant cette période de grande réflexion des deux nations européennes, les Tahitiens s’aperçurent que les marins français étaient mieux payés que les baleiniers et leurs missionnaires beaucoup plus souples et tolérants. L’accord entre ces deux sociétés se fit donc sans mal.

 

Paraita, devenu porte-parole du royaume des Pomare avait tout pouvoir de régent. Sa famille, les Temaehuatea, possédait des terrains et ont connaissait Paraita comme étant un homme futé, vile et ayant de la sympathie pour les Mamaia. Il n’en fut pas moins considéré comme le premier Maire de Papeete puisqu’il gérait la ville avec efficacité. Sa mort en 1865 passa presque inaperçue.

 

L’Anglais, George Pritchard, n’accordait pas de bénéfice à Moerenhout.

 

Tati, Hitoti et Paraita étaient tous prêts à signer une demande de protection française. Puisque la reine Pomare IV ne maîtrisait pas les textes en Français, c’est Paraita, qui bien souvent, contresignait les actes et autres accords avec la France.

Tairapa, Chef de Papetoai, convaint la reine de signer le Protectorat : « Si tu refuses, les Français vont tirer sur notre pays puis l’envahir’.

La reine approuva avec grande difficulté et malgré cela, fit hisser le drapeau tahitien…

 

Bruat remplaça Dupetit-Thouars qui s’était enfuit… et visita les Marquises, toujours en attente de la construction d’un bagne français. Il rendit compte à ses pairs d’une réelle désolation des Français restés sur place, abandonnés, oubliés presque…

 

A Tahiti, à l’autre bout de l’île, des Chefs – les plus agressifs – attaquaient pour chasser les Français qui s’installaient définitivement sur l’île : l’arrivée de nouvelles familles françaises et d’ouvriers spécialisés les mit en garde d’une véritable invasion.

Ainsi, la guerre franco-tahitienne marqua son épopée.

Les Anglais capitulèrent et quittèrent Tahiti, puis une dépêche officielle de la France annonça que le gouvernement français avait annulé l’annexion de Tahiti, proclamée de son propre chef par l’amiral Dupetit-Thouars. Bruat eut ordre de réinstaller la reine Pomare sur son trône.

Une indemnité fut accordée par le gouvernement français à George Pritchard…

 

Le 19 mars 1846, mille guerriers de Teaharoa furent contrés par Buat avec délicatesse et fermeté, aimable et droit comme savent l’être les officiers européens, qui demande à Pomare IV de revenir sur son trône à Papeete.

En 1846, Buat fut levé de ses fonctions pour une guerre considérée par le gouvernement français comme ayant été inutile et coûteuse. Il en aura tout de même coûté dix millions de francs à leur gouvernement…

 

Buat, à son tour, fut remplacé par le Commandant Charles-François Lavaud. Celui-ci fit un constat malheureux de la ville : le pays était ruiné, la rade déserte, il y existait un commerce de détail mesquin, la ville était complètement sur le papier et dépourvue de bonnes défenses, enfin, il manquait des édifices durables.

 

Alors, la France envoya des millions pour enrichir les Chefs, payer les « Indiens » et rétribuer richement tous les travaux. Finalement, il ne fut constaté que des installations provisoires…

 

8 082 Tahitiens contre 475 colons européens, militaires non recensés, vivaient à Papeete.

 

« En parcourant cette histoire d’une évolution urbaine, qui ressemble à celle d’autres cités d’outre-mer par ailleurs, certains de mes lecteurs, historiens ou archéologues, habitués à de tout autres domaines, auront l’impression d’un « déjà vu » et feront des rapprochements.

L’histoire des débuts du Papeete français rappelle étrangement l’histoire de la formation des villes gallo-romaines. Mêmes conséquences du contact de deux civilisations à des stades différents : la substitution d’un urbanisme géométrique à une dissémination irrégulière, qui a pu avoir sa raison d’être, la construction d’édifices publics, militaires, commerciaux, correspondant à des nécessités nouvelles, la disparition progressive de l’aspect antérieur, non par idée systématique, mais par la force d’attraction d’une civilisation plus évoluée ».

 

Les « cases canaques », comme elles étaient fréquemment appelées, ont coexisté assez longtemps à Papeete avec les constructions de type européen, que les indigènes ont fini par adopter.

De même, à Alésia, des cabanes gauloises voisinaient au 1er et même au IIème siècle avec les habitations et édifices publics de l’espèce la plus classique…

Les Français qui ont créé le Papeete actuel ne se sont certes pas doutés de ces analogies indésirables, difficultés et réactions identiques de peuples différents en face de mêmes problèmes.

 

Enfin, le traité établissant le Protectorat fut signé le 9 septembre 1842.

Tahiti, seule colonie sous Protectorat, était gérée par le Ministère de la Marine.

 

1847, fin de la résistance tahitienne grâce à Louis-Adolphe Bonard, qui, à son tour – encore – remplaça Lavaud entre 1842 et 1847. Comme Bruat, Bonard avait le soutien des Chefs de l’île.

 

Des fils de Chefs furent envoyés en France dans des écoles catholiques…

 

Une loi, toutefois, fut votée : les Pasteurs ne devaient plus être élus par les paroissiens, mais par les notables du district, sans distinction de confession. Et comme le Gouverneur déterminait qui était notable, il arrivait parfois qu’un prêtre catholique fut nommé pasteur d’une paroisse protestante…

 

La reine contresignait les ordonnances sans protester, ne comprenant pas la langue.

Le Protectorat fut pratiquement transformé en colonie…

 

Les premières graines d’orangers sauvages furent semées à Arue en 1788-1789 par les jardiniers du Bounty, sur l’ordre du Capitaine Bligh. Dès 1851,  on assiste à l’exportation d’oranges de Tahiti en Californie et une forte augmentation pour Sydney.

Le capitaine de vaisseau, François Page, succède à son tour à Bonard en 1852.

Les ouvriers civils du village Sainte-Amélie s’en allèrent chercher l’or en Californie…

 

1854, Page lance Tahiti sur une nouvelle voie, celle du Tourisme !

Le commerce augmente considérablement et l’île devient un Centre d’Affaires important qui croît de jour en jour.

 

Les  « nouveaux riches » ayant fait fortune en Australie pendant la ruée vers l’or arrivent en masse dans la rade. Mais l’épidémie de rougeole que ces généreux touristes apportèrent avec eux, décima un nombre conséquent de Tahitiens, qui, contrairement aux Européens qui avaient une certaine immunité, étaient sans résistance face à la maladie.

A peine trouvait-on en certains lieux des mains capables d’inscrire les décès dans les registres de l’état civil…

La victime la plus illustre fut le grand Chef Tati, l’un des derniers et illustres représentants des âges héroïques, l’une des plus grandes figures de l’histoire de Tahiti, et grand ami de Page.

 

La prise de possession de la Nouvelle-Calédonie se déroula le 24 septembre 1853, et Page fut remplacé par un autre officier, le Marquis Joseph du Bouzet le 20 novembre 1854…

 

Saisset remplaça Du Bouzet en 1858. Le front de mer s’appellera Quai Napoléon sur ses ordres et l’ancienne Broom Road, la rue de Rivoli, puisque comme dans la capital française, c’était là que la Souveraine résidait et que les élégantes se promenaient…

 

1863, les colons européens étaient au nombre de 700, hommes, femmes et enfants confondus. Les baleiniers avaient disparu de Papeete comme de tous les autres points du Pacifique, par suite de la rareté des baleines. Les mouvements de la navigation devenaient alors considérables jusqu’au moment où Tahiti put donner un nouvel essor à son commerce en fournissant aux navires importateurs, en échange de leurs diverses marchandises, les denrées de son cru.

 

Gaultier de la Richerie gouvernait alors l’île.

 

LE CHOIX DES ARMES

 Les terres appartenaient toutes aux Tahitiens pour qui elles représentaient des biens familiaux inaliénables.

 

C’est la conquête spirituelle du peuple tahitien qui entraîna les guerres… C’est aussi l’excès de soif de patrimoine et de richesses, mais aussi la religion imposée, qui donnèrent un sens à ces manipulations humaines, d’humain à humain.

Le zèle, la malveillance et le bénéfice se sont trop souvent manifestés au fil des siècles et, pressé de rendre ce Monde plus vigoureux, réglementé et évolué, l’Européen est alors apparu comme un Dieu modelant le Monde à son image, tel un caprice, un choix, un ultimatum du peuple aux peuples.

 

Au départ, le souci principal étant purement économique, cette soif de conquérir fit basculer ce que les Dieux avaient transmis à leurs peuples. Ici les Dieux sont l’image d’Hommes ayant tout compris. Ils sont si rares qu’il fallut en écrire des légendes, des histoires si incroyables que l’Homme en tire la véracité dans ce qui lui semble probable, dans ce qui le touche. Pour certains autres hommes, il s’agit d’hypothèses fantaisistes, sans fondement…

 

Les tables de Rongo-Rongo et les pierres sculptées de l’île de Pâques présentent en substance trois choses différentes : un oiseau, un être humain et une grenouille (Ra).

Ces trois choses se retrouvent en Nouvelle-Guinée, au Brésil, en Argentine, en République Centrafricaine et aux Etats-Unis.

La civilisation première de tous ces peuples adorait le soleil. Le nom Ra pour le soleil divin se trouve dans toutes les mythologies. Du mot Ra s’est formé le mot Rajal de l’Hindou, le Rex des Romains, le Rix des Gaulois et le Roi des Français.

Quand Roggeven, qui a découvert l’île de Pâques en 1792, il a pu voir encore que les habitants se  jetaient à plat ventre pour saluer le lever du soleil après avoir allumé des
feux. Le culte du soleil a perduré jusqu’au XVIIIème siècle. Menhirs et pyramides sont les rayons
pétrifiés du dieu solaire. La religion solaire est un culte très ancien tout comme aussi les menhirs représentent le premier exemple connu de l’art. On trouve ces menhirs partout sur la Terre : en  Bretagne, en Terre de Feu, en Afrique, en Inde, au Cachemire, en Chine et en Mongolie. La religion solaire de la pierre droite était une religion monothéiste.

 

Ceux qui lisent dans la nature et la maîtrise parfois sont aussi dépassés par ses colères. Alors, ils instaurent la croyance à des êtres plus forts, des guides… C’est au moins la simplicité des croyances sans parenthèses ni artifices. Certaines ethnies, il est vrai, se rassuraient par des sacrifices, d’humains ou d’animaux. Mais alors, bien que ces actes nous semblent terriblement abjects, qu’en est-il donc des agissements des Blancs sur les longues périodes de quêtes religieuses, de tueries, de famines, toujours au profit de ces Hommes de Pouvoir ?

L’évolution se paie. La brutalité et la corruption sont toujours de mise car si humaines finalement.

 

Pour exemple, après quelques coups de canon et l’arrivée de missionnaires, le XIXème siècle fit entrer les Polynésiens dans la modernité qui s’offrirent donc des Rois et s’inventèrent une dynastie.

Une évolution là encore fondée sur le modèle européen : ils ont eu confiance en leur évolution, ils y ont cru…

Avant l’arrivée des Européens, les îles du Pacifique ne connaissaient pas le mot « Roi ». Ils ne connaissaient que les « Chefs » – des Seigneurs redoutables se livrant à des guerres féroces.

 

En bons sujets, ils avaient instauré des règles de service à leur chef : un ministère divin. Il fallait ainsi faire respecter les hiérarchies dans le peuple afin de se prémunir, se défendre, des attaques de tribus ennemies.

C’est dans cet objectif aussi que l’Etranger a avancé. Grâce aux Romains surtout, précurseurs d’une civilisation préjudiciable.

 

Souvenez-vous, quand Pomare 1er, obscur petit chef sans passé, ne possédant certes aucun titre pour régner sur Tahiti, s’appuya sur les marins européens, il en conquit la quasi totalité à la fin de sa vie, en 1803. Son fils agrandit le royaume jusqu’aux Tuamotu.

A sa mort, on sacrifia un homme pour que les Dieux ravivent le souffle royal. Des seigneurs redoutables se livraient à des guerres féroces et appréciaient en fins connaisseurs les sacrifices humains. Ils rendaient la justice vêtus comme des oiseaux de paradis : pectoraux de nacre, coiffes de plumes, robes d’écorce d’arbre. Les trois éléments étaient ici réunis : l’eau, l’air, la terre.

De même, quand dans la seconde moitié des années vingt se développa aux îles de la Société le mouvement millénariste Mamaia, syncrétique entre la nouvelle religion et les anciennes croyances et qui rejetait l’autorité des missionnaires, Bora-Bora fut gagnée aux deux-tiers. A Tahaa, Tapoa II le fut aussi et s’engagea dans une guerre contre Raiatea mais fut vaincu. Pomare IV en profita pour se séparer de lui, mais plus tard les familles rivales Mai et Tefaaora l’appelèrent de nouveau pour gouverner Bora-Bora. Pendant que Tahiti et la plupart des îles Sous le Vent connaissait une histoire mouvementée, Bora-Bora demeurait sous Tapoa dans une période de stabilité jusqu’à sa mort en 1860.

 

Les missionnaires ont prit peur. Guider un peuple dans la foi chrétienne en ayant comme seule persuasion à travers guerres et massacres était honteux.

Certains distingueront la dureté des cultures ; d’autres admireront leur raffinement. La beauté de l’âme conduit à la sagesse, c’est certain. On peut donc se demander qui peut se prétendre sage aujourd’hui, déjà qu’aux temps anciens…

Les Gauguin, Victor, Brel,  Moitessier, Loti et autres Gerbault, se verraient refoulés par les missionnaires en ces temps de vaine droiture !

 

Le temps des explorateurs européens est la période la plus marquée à notre souvenir.

Notre monde contemporain est très proche de cette époque et résulte d’efforts pharaoniques pour ces peuples d’Europe à agrandir leur territoire, à coloniser pour le profit, à imposer idées et concepts.

Sûrs d’eux, ils apportaient leur savoir et leurs convictions et se faisaient souvent prêcheurs d’un monde nouveau qui leur appartenait déjà, persuadés que ce monde n’évoluerait qu’au rythme de leurs décisions, sous-estimant les réactions et les besoins de ces peuples.

 

Des luttes et des guerres sanglantes furent menées pendant des siècles à seule fin de protéger ce que l’Européen appelait Le Graal.

Il ne l’a jamais trouvé : n’est-il pas simplement le respect des valeurs les plus humbles ? A quoi bon alors tous ces combats ? La bataille n’a pas la même signification selon les continents, semble-t-il.

Tout, là-bas, tient du respect des âmes. Une bonne conduite débouche sur une belle vie, donc par le respect d’autrui, et enfin une place noble dans les gravures, les tablettes… Alors qu’ailleurs, on visait les trônes, les édifices puis plus tard les ministères.

 

De même, le langage oral se doit d’être bref. Il n’est qu’une maigre façon de s’exprimer. Ce qui ne peut être dit doit être compris par un regard, un geste, si on en croit le comportement maori. La langue, les yeux, tant convoités à l’issue des batailles tribales, sont traduits comme étant les facteurs annonceurs de la dérive d’un état à un autre dans le sens très large du terme.

 

Il faut concevoir que les hommes de la préhistoire vécurent dans les sites aménagés d’une humanité qui avait admirablement développé toutes les ressources et toutes les capacités de l’être humain et de son environnement.

Les Polynésiens ignoraient le métal et cessèrent la fabrication de poteries il y a 1 500 ans environ. Mais ils avaient atteint une grande perfection dans la sculpture sur bois et la confection d’herminettes de pierre et d’hameçons en coquillage, sans oublier la réalisation des grandes statues de pierre dont les plus célèbres, car mystérieuses, sont à l’Ile de Pâques.

 

Leurs techniques de navigation, leurs riches traditions orales et leurs chefferies originales et souvent despotiques ont captivé l’attention des étrangers depuis l’époque de Cook.

Nombreux sont les grands musées du monde qui possèdent égoïstement de splendides collections d’art et d’artisanat polynésiens. Là encore, on distingue une propriété du savoir et des croyances qui n’appartiennent pas aux Etrangers et qui devraient être restitués aux peuples qui les ont façonnés.

 

On a tant pris aux colonies – on a aussi beaucoup apporté – mais alors, n’aurait-on pas pu leur laisser au moins les rares signes d’une culture ancestrale, divine, si ce n’est pour leur identité et celle de leurs descendants ?

Si l’on souligne la Chrétienté, les nombreuses guerres de religion ont causé la perte de nombreuses reliques éparpillées sur des terres d’où elles ne provenaient pas.

 

 LE NOMBRIL DU MONDE

 

Les archipels de l’ouest présentent tous des types de roches mixtes, similaires à ceux des continents voisins, asiatique ou australien et ils ont été soumis à des processus de plissement ou de cassure semblables. Cette zone fait également partie de la ceinture d’instabilité sismique qui encercle le Pacifique et des tremblements de terre ou des éruptions volcaniques y sont fréquemment enregistrés. Quant aux îles de Polynésie et de Micronésie, elles sont d’une formation complètement différente, bien qu’en fait la Nouvelle-Zélande, Tonga et quelques unes des îles de l’ouest de la Micronésie appartiennent, du point de vue géologique, au groupe continental de l’ouest.

 

« Il est extraordinaire que le même peuple se soit disséminé dans toutes les îles de ce vaste Océan, depuis la Nouvelle-Zélande jusqu’à cette île, ce qui représente presque le quart de la circonférence du Globe ». (Capitaine James Cook à l’Ile de Pâques, mars 1774).

 

Un jour, la mer accouche des îles.

Au fond de l’océan, un volcan sous-marin commence à bourgeonner. Lorsqu’il émerge, une petite île montagneuse se crée… Sur ses flancs, au niveau de la mer, la température élevée permet à des coraux de se développer. Tellement, qu’il se crée bientôt un récif corallien.

Mais le volcan, au bout de quelques centaines de milliers d’années, commence à s’enfoncer. L’eau se met à baigner ses pieds, alors que le récif corallien reste au même niveau : on assiste à la formation d’un lagon…

Encore quelques centaines de milliers d’années et le volcan aura complètement disparu au fond du lagon. Seul, restera un anneau rond : le récif battu sans pitié par la mer – ce qui le transformera en sable – et qu’on appelle atoll.

 

Parmi les héros polynésiens, le plus connu « Maui » sortit du fond de la mer plusieurs îles polynésiennes au moyen de son hameçon.

Dans la plupart des îles, les dieux tendaient à former une hiérarchie au même titre que les humains qui les servaient.

 

La Polynésie : 130 îles groupées en cinq archipels.

 

Pendant des millénaires, les fils mystérieux du peuple maori, les navigateurs les plus audacieux que la Terre ait jamais portés, déferlent des confins de l’océan au creux de pirogues fragiles.

 

Les Maoris – nommés plus tard « Polynésiens » par les distingués visiteurs – s’élançaient donc sur le vaste océan. Ils portaient avec eux toutes leurs histoires, leurs légendes. Peut-être, déjà, avaient-ils inventé celle de Taoroa dit l’Unique, le premier Dieu à plumes qui naquit dans une coquille tournant dans l’espace et qui créa le Monde.

 

Les Polynésiens tournèrent le dos à la surabondance végétale où rodent les esprits pour savourer les douceurs du littoral. De temps en temps, un morceau de paradis tombe dans la mer. C’est un mur bleu, sans fin. Nul n’en connaît la profondeur ni la hauteur. Un vertige liquide dont tout vient, où tout retourne…

 

La plupart des techniques artisanales polynésiennes, en particulier celles qui demandaient un haut niveau de connaissance technique : sculpture, construction de pirogue, tatouage, etc…, étaient toujours pratiquées en relation avec des usages religieux et, de nombreux prêtres se trouvant être aussi des spécialistes dans ces techniques, il n’est pas surprenant que les hiérarchies religieuses et artisanales aient été intimement liées.

 

Un des gouverneurs successifs du XIXème siècle, soulève une remarque à laquelle la réflexion s’impose : « N’est-il pas remarquable que dans un milieu à moeurs aussi libres, où la satisfaction des passions ne rencontrait pas d’obstacles, le besoin de former des liens indissolubles se soit si vivement fait sentir ? De ces unions entre Européens et Océaniennes est résulté le plus parfait accord, la fusion la plus complète.

Les vrais fils de l’amour n’ont pas trompé les espérances de leurs parents. Ils sont d’une grande beauté : ils semblent avoir reçu, dans un heureux mélange, plutôt les qualités physiques et morales de leurs père et mère que leurs défauts… Ils forment le noyau d’une population intelligente, active, morale, tout à fait apte à comprendre et à pratiquer notre civilisation. Le mariage de ces jeunes gens avec des Européens donne des « sujets » plus parfaits que les premiers ». (Gaultier de la Richerie)

 

Jadis, tout enfant né de l’union d’un chef avec une femme du peuple était normalement mis à mort et l’infanticide était, sans aucun doute, une règle commune parmi les Arioi, groupe de jeunes hommes et femmes qui se déplaçaient de village en village en donnant des représentations théâtrales et chorégraphiques. Le degré de rapacité, de cruauté et de promiscuité de cette secte régnait dans cette société et traditionnellement, Raiatea était l’île la plus importante de l’archipel sur le plan religieux. Cette secte des Arioi était particulièrement influente à Tahiti au XVIè siècle, mais nous en savons beaucoup moins sur les institutions analogues signalées aux Marquises, aux Tuamotu, aux Australes et dans les Cook du sud.

 

Quand leur civilisation fut bien établie sur les îles, ils continuèrent à aller à l’aventure. Parfois, un groupe se détachait du peuplement principal et partait.

Problème de surpopulation ? D’équilibre des richesses ? Difficile à dire…

Ailleurs, la reine Didon quittait la Phénicie pour aller fonder Carthage. Pourquoi ne pas imaginer aventure semblable chez les Maoris ? De jeunes princes partant créer leurs propres terres ?

 

Dans les temps préhistoriques, chacune des îles polynésiennes était divisée en un certain nombre d’unités territoriales. Ces divisions foncières des îles hautes assuraient donc, pour leurs habitants, l’accès à une certaine partie de la côte et, sans doute, à plusieurs vallées. A l’intérieur de ces territoires, les Polynésiens vivaient habituellement en habitat dispersé parmi les plantations, avec une certaine proportion de regroupement autour des chefferies. Il n’existait généralement ni village, ni ville, bien que quelques exemples exceptionnels d’habitats groupés soient donnés. Chacune de ces divisions territoriales constituaient le domaine d’une tribu et les territoires les plus étendus étaient ensuite partagés en sous-divisions tribales qui tendaient aussi à être découpées en radiales sur les îles hautes.

Les groupes tribaux comprenaient un noyau de membres résidents, hommes et femmes, unis par des liens consanguins. A ce noyau s’ajoutait un certain nombre d’alliés ou de personnes apparentées par mariage, provenant parfois d’autres groupes tribaux.

Un jeune homme pouvait hériter de sa mère s’il le souhaitait – en particulier lorsqu’elle avait un rang élevé. En général, les positions statutaires de chef et de prêtre étaient occupées par des hommes et se transmettaient en ligne masculine. La fille devait probablement résider avec la famille de son époux après son mariage et il lui était difficile de devenir cheffesse de son propre droit à moins qu’elle n’eût une forte personnalité ou qu’il n’existât pas d’autre héritier possible du titre.

Ces affirmations restent bien sûr des généralités, bien qu’en Polynésie, la chefferie dépendait pour beaucoup de la descendance.

 

Au sommet, les Chefs (ari’i) et la Noblesse. Au coeur, les fermiers et propriétaires fonciers (ra’atira). Plus bas, le peuple (manahune) et, délaissés, les esclaves et autres serviteurs (les premiers étant des captifs de guerre et les autres probablement des manahune sans terre…).

Les îles ne recélaient pas le métal et on retrouva de rares poteries trop anciennes…

Curieusement, des similitudes à ces peuples voyageurs – et non nomades – sont perceptibles.

On parlera ici trop brièvement de Te henua enata, « La Terre des Hommes » : Les Marquises.

 

Pour la petite histoire, c’est le Pasteur Crook qui à 22 ans entama la retranscription du vocabulaire marquisien.

Hiva Oa est l’île la plus bouleversante des Marquises et curieusement les Maoris de l’Ile de Pâques se rappellent à Hiva, leur berceau…

Ua Pou, inquiétante et grandiose ; Ua Huka qui vit arriver les premiers Marquisiens il y a plus de 2 000 ans.

Jadis, les habitants de Mangareva, connus pour leur caractère rude, mangeaient leurs visiteurs. Aujourd’hui, une autorisation est nécessaire pour visiter les îles Gambier.

A Rapa, on découvre des villages mexicains qu’il serait envisageable, peut-être, de distinguer. Hallucinant !

 

Dans la société polynésienne, les pêcheurs étaient également organisés en confrérie et possédaient souvent leur propre lieu de culte.

 

Au XIXème siècle, Abel Dupetit-Thouars recommanda au gouverneur français de se servir des Iles Marquises comme lieu de déportation pour les criminels endurcis dont les prisons françaises regorgeaient et qui coûtaient très cher à l’Etat. Cette idée fut inspirée de l’exemple en Australie, devenue alors dépotoir anglais…

 

La Polynésie est un endroit qui n’est pas vraiment fait pour les bêcheuses et les coincés, la relation sociale jouant le grand naturel. Dans ces îles où chacun se sent roi, les grandes manières et le pourboire n’existent pas.

 

En 1722, le Capitaine Cook découvrit le Nombril du Monde, triangle de lave dans le Pacifique.

On aura beau s’attarder sur des questions d’ordre architectural ou encore mécanique, jamais le secret ne sera divulgué. C’est là que l’Homme blanc fronce les sourcils, se questionne. Lui qui sait tout sur tout, Lui qui veut tout par tout…

 

En 1769, lorsque James Cook reconnut RAIATEA pour la première fois, l’île se trouvait avec TAHAA sous la tutelle du Roi Puni de BORA BORA, son nom : TEIHOTUMATAROA A TERIITAUMIHAU I TEPATUROA.

De l’union d’Oro avec la belle Vairaumati naquit un enfant qui devint un puissant chef parmi les hommes… et le premier ennemi, précisément, des souverains de Raiatea.

Au 18ème siècle, des guerres sanglantes ravagèrent BORA BORA « né le premier », au cours desquelles Puni réussit à soumettre les Iles-sous-le-Vent à l’exception de HUAHINE La Sauvage…

 

En 1864, le nouveau gouverneur, le comte Emile de la Roncière, accueillit donc 329 Chinois dont les neuf dixièmes étaient des Hakkas et le restant des Puntis qui, eux, arrivèrent le 28 février 1865. Il était compté une soixantaine de Coolies par case occupée, à proximité de l’usine de coton… Puis le 8 décembre 1865 et le 6 janvier 1866, deux autres contingents débarquèrent à Tahiti, portant le nombre total de 1 010 coolies, soit le double du nombre autorisé, dont Stewart se défendit vis-à-vis du ministère sans avouer que, selon le décret voté, les contingents devaient aussi comprendre les femmes et les enfants des 500 coolies engagés, ce qui n’était pas le cas.

Gaultier de la Richerie : « L’introduction d’immigrants chinois n’a été autorisée qu’à titre d’essai et pour faciliter les débuts d’une entreprise sans précédent… », afin de calmer les colons européens qui craignaient d’être noyés par cette « marée jaune »…

L’administration s’est réservée le rapatriement de tous les Chinois immigrants aux frais de la compagnie, « les belles îles du Protectorat devant être peuplées et exploitées par une population européenne et nationale, ayant ses affections et ses liens de famille dans le pays même ».

 

En 1865, mille Chinois furent importés depuis Canton jusqu’à Tahiti dans le but d’enrichir William Stewart et ses plantations de coton polynésienne, qui n’atteint jamais son but si lucrativement bénéfique. Stewart avait profité de la perspective mirobolante qui s’ouvrait au début de la guerre civile en Amérique, où les Nordistes ayant imposé un blocus maritime, empêchaient les Sudistes d’exporter leur coton. Il en résultait une grande pénurie dans les pays industrialisés d’Europe et, par conséquent, une augmentation rapide des prix. La fortune était à portée de mains…

trois mille hectares de terres non cadastrées furent ainsi achetées dans le district d’Atimaono à des Tahitiens et à des Européens qui prétendaient en être propriétaires…

Les Tahitiens refusant de travailler dans la nouvelle plantation baptisée alors Terre Eugénie en l’honneur de l’impératrice, la solution envisagée était de faire venir des coolies de Chine, dont le nombre de cinq cents fut autorisé à être importé par le ministre.

 

Quelques mois plus tard, la guerre civile se terminait en Amérique et les planteurs de coton des états du sud reprenaient leur commerce. A partir de ce moment, il devint de plus en plus difficile de vendre la production d’Atimaono en Europe, en raison du prix du fret trop élevé. Stewart fit des efforts désespérés pour diminuer les frais d’exploitation. Ceci explique aussi pourquoi l ne se plaignit nullement de la mortalité élevée de ses travailleurs – une centaine étaient décédés d’épuisement et de maladies – et qu’il ne fit aucun effort pour retrouver ceux qui s’étaient évadés et installés dans les familles tahitiennes. Certains s’échappèrent jusqu’aux îles Sous-le-Vent, toujours indépendantes, où ils étaient hors de portée de la gendarmerie.

 

En même temps, les rixes  devenaient de plus en plus fréquentes parmi les travailleurs qui restaient à Atimaono et, sur la demande de Stewart, le gouverneur déporta en 1869 vingt-trois « perturbateurs » aux Marquises. Pour faire un exemple, un coolie qui avait participé à une bagarre, laissant un mort, fut même guillotiné.

En désespoir de cause, Stewart s’orienta vers la culture du café, mais il géra si mal son entreprise qu’il finit par faire faillite peu de temps après.

Ces travailleurs de passage furent laissés à l’abandon. Au début, les colons français et anglo-saxons n’en furent pas trop mécontents, car ils purent s’approprier cette main d’oeuvre bon marché. Cependant, à leur grande déception, la plupart des Chinois les quittèrent rapidement pour se lancer dans les cultures maraîchères ou dans le colportage. Petit à petit, ces nouveaux citadins parvinrent à acheter tous les terrains autour de la place du marché, sur lesquels ils bâtirent des immeubles en bois d’un nouveau modèle, comprenant un magasin, restaurant ou atelier au rez-de-chaussée et un appartement d’habitation au premier étage, avec une avancée sur le trottoir, pour protéger les clients contre la pluie et le soleil.

 

La chute de Napoléon III en 1870 mit heureusement fin à cette tentative désastreuse d’imposer un développement économique sur le modèle antillais.

Dix ans plus tard, Jules Ferry arriva au pouvoir sur l’île et l’amiral Jaurréguiberry, ministre de la Marine et des Colonies, reprit à son compte les idées du gouverneur Page.

Les circonstances étaient particulièrement favorables, car le célèbre constructeur du canal de Suez, Ferdinand de Lesseps, était depuis 1876 à la tête d’une nouvelle compagnie, formée pour creuser un canal à travers l’isthme de Panama. Dans cette perspective prometteuse, Tahiti deviendrait une escale indispensable, car il ne s’agirait plus de voiliers mais de navires à vapeur, obligés de s’arrêter pour charger du charbon. Le ministre estima qu’afin de tirer le maximum de profit de cette nouvelle situation, le pouvoir du gouverneur devait être consolidé. D’autant plus que la reine Pomare venait de s’éteindre et que le nouveau roi, roublard et fantasque, n’était pas aussi maniable que sa mère.

Le moment était donc venu de transformer formellement le protectorat en colonie…

 

4 février 1878, Jacques Planche est nommé Gouverneur.

Il eut l’excellente idée d’entreprendre des travaux d’embellissement et de modernisation de la ville de Papeete. De nombreuses améliorations furent alors entamées, parmi elles il faut ajouter l’alignement des rues, la plantation et l’amorce des quais, la confection des trottoirs modèles, le remplacement des purau par des arbres beaucoup plus avantageux au point de vue de la propreté, de l’ombrage et de la tranquillité des propriétaires. Planche, devenu « pionnier de l’urbanisme » aura laissé des souvenirs impérissables dans la colonie, et fut remplacé par le premier gouverneur civil de Tahiti, Isidore Chessé, à la fin de l’année 1879.

Avec un doigté indéniable, Chessé obtint d’abord l’accord du roi, en lui promettant, s’il abdique, qu’il gardera tous ses privilèges et honneurs, qu’il touchera une pension annuelle de 60 000 francs jusqu’à la fin de ses jours et que le palais royal, en chantier depuis trente ans, sera enfin terminé et meublé.

Seuls, neuf des vingt-deux chefs de Tahiti et Moorea suivirent l’exemple du roi quand le 29 juin 1880, celui-ci signe à la résidence le fameux acte de cession, néanmoins ratifié avant le fin de l’année au Sénat par 254 voix contre O et à la Chambre des Députés, par 444 voix contre O !

 

Un grand banquet fut alors célébré dès que la nouvelle de l’annexion fut connue à Tahiti en mars 1881.

Nous assistons à la célébration du premier Tiurai à Tahiti, accompagné de valses effrénées…

Concours et courses de toutes sortes, spectacles de musique, bal officiel, chants,… étaient au rendez-vous pour le plus grand plaisir des Tahitiens, des colons européens mais aussi des Chinois restés sur l’île.

Ces soirs-là, la population redevenait sauvage dans l’orgie mais célébrait si singulièrement la prise de la Bastille…

 

Dans les premières années du siècle, on attribuait aux Polynésiens des origines situées tantôt en Inde, tantôt aux Amériques ou même sur un continent englouti au milieu du Pacifique.

Plus tard, on attacha de plus en plus d’importance aux traditions, avidement recueillies sur la présomption que les Polynésiens étaient en voie de disparition…

 

L’Américain Horatio Hale émit l’hypothèse en 1846 que les Polynésiens étaient venus des Moluques et, de là, avaient colonisé la Polynésie en passant par Fidji, Tonga et Samoa.

On sait aujourd’hui que Tonga et Samoa furent colonisés vers 1 000 avant J.- C. et les Polynésiens n’étaient pas des Caucasiens ayant dérivé depuis l’Inde.

Le problème avec le grand « marécage » des traditions recueillies est de distinguer le vrai du faux et, bien sûr, nous ne le pourrons jamais de façon absolue puisque les conteurs ont disparu depuis longtemps !

Les couches raciales suggérées au XIXème siècle sur le jeu de la recherche des origines polynésiennes furent vaguement regroupées sous les étiquettes de Négroïdes, Caucasiens et Mongoloïdes. Un certain nombre d’autres spécialistes maintenaient l’idée que les Polynésiens ne formaient qu’un seul groupe racial constitué en plusieurs couches…

A sa naissance, Nui, fils de Porapora-i-te-fànau-tahi et de Te-puna-’ai-ari’i, né sur un motu à ‘Anau, fut amené sur le marae Vaiotaha. Conduit dans la grande vallée de Tevaitapu, l’enfant fut déposé sur la terre Tumu-ra’i-fenua. Là, son pito, son cordon ombilical fut raclé et son placenta ou pû fenua enseveli, affirmant à jamais son lien avec sa terre, baptisée dès ce jour, Fa’a-nui, la vallée de Nui. Fa’a-nui devint une terre de refuge d’où l’expression E màpu-hira’a aho nô Fa’a-nui, Fa’a-nui le souffle de vie.

 

Le tiare anei était la fleur emblème de l’île de Bora Bora. D’après la légende de création de Bora bora, la tiare anei sortit des eaux, avec ses branches et ses feuilles en corail, en même temps que l’île. Le dieu Rà, la transforma ensuite en une belle plante sous les yeux de son ami le petit hoi(igname). De nombreuses lunes passèrent et l’île fut remplie de tiare anei et de petits hoi qui poussaient en abondance. Les habitants de la mer venaient de temps en temps cueillir des fleurs anei et s’approvisionner de petits hoi. Ces petites ignames comestibles étaient très appréciées des hommes de la mer qui venaient de très loin pour les chercher. Peu à peu, ils s’installèrent sur l’île et organisèrent de grandes fêtes. La tiare anei ornait la tête des hommes et des femmes et les petits hoi leur servaient de nourriture. Des années passèrent et la tiare anei et les petits hoi devenaient de plus en plus rares dans l’île de Bora Bora. Le grand prêtre Rà-hotu qui s’inquiétait que la tiare anei et les petits hoi disparaissent de l’île dit aux guerriers : « Voyez-vous ces deux plantes, elles sont venues des profondeurs de la mer. Elles nous ont été données par les dieux de nos ancêtres pour nous nourrir et fleurir nos têtes. Nous avons abusé d’elles ! » Et le prêtre leur ordonna de prendre les quelques pieds qui restaient et d’aller les planter sur la crête de Temanu afin qu’elles y restent à jamais. Puis, Rà-hotu leva les yeux vers l’horizon et leur dit : – Un jour, les hommes du futur verront cette plante sur cette crête, et ils se demanderont pourquoi cette fleur pousse-t-elle uniquement ici et chercheront à connaître son histoire. Le chemin d’accès est très dangereux et le prêtre avait bien pris soin de protéger la tiare anei en la plantant de l’autre coté d’une étrange pierre qui était la tête d’un oiseau. L’unique chemin était de passer sur cette pierre qui bougeait des deux côtés. Si l’oiseau ne vous permettait pas de passer sur sa tête, il vous basculait dans le vide. De nombreux guerriers ont ainsi trouvé la mort à cet endroit.

Au pied de la montagne ‘Otemanu, à l’ombre des mape et des tortues pétrifiées, s’écoule la source Te vaipani située sur la terre Te-pua-matari’i où se baignaient jadis les reines. Cette source symboliserait l’arrivée des Pléiades, la ponte des tortues et l’éclosion de la fleur du pua, l’entrée dans le cycle d’abondance et annonçait aussi la nouvelle année, Te-Mata-hiti.

Dans le cielles Pléiades ou Matari’i sont représentées par sept étoiles, symbolisées dans certaines îles par une tortue femelle. La tortue mâle était généralement représentée par la constellation d’Orion.

L’arrivée des Pléiades ou Matari’i correspondait sur terre au début de la saison de ponte des tortues et marquait une période d’abondance. Autrefois, pour en assurer la persistance et renforcer le lien entre Ies hommes, la terre et les cieux, des rituels de fertilité étaient perpétrés lors de grandes cérémonies rythmées de prières, d’incantations et d’offrandes. Dans le calendrier lunaire, la floraison du pua indiquait également l’arrivée de l’abondance, et durant le mois de novembre, appelé Te-Tai, les couronnes ordinaires faisaient place aux couronnes de Pua (Fagraea berteroana), une fleur blanc-jaunâtre particulièrement odorante.

On trouve également une grotte située au flanc du mont Pahia dans la falaise, qui est visible de la route. Elle aurait d’après certains Anciens, une hauteur de 25 m. On peut y voir des perruches. D’après les anciens, cette grotte serait un lieu de séjour privilégié des âmes

John Muggridge Orsmond (1788-1856) fonda le 18 novembre 1820, la première station de la London Missionnary Society sur l’île de Bora Bora. Elle fut appelée Beulah. Il l’installa sur Ia terre Vaitape où il demeura jusqu’en 1824. Outre, son œuvre d’évangélisation, Orsmond appelé Otomoni, charpentier de formation, entreprît de gigantesques travaux. En 1821, les habitants bâtirent une immense chapelle et l’inaugurèrent un an plus tard. Jetée, routes et maisons en chaux apparurent, donnant naissance au premier «village » de l’île de Bora BoraVaitape.

« Vai-tape« , signifierait le «lieu où les corps sont amenés à maturité»  ce qui pourrait être lié aux pratiques funéraires d’embaumement des corps. Le roi Tapoa II aurait été l’un des derniers monarques à recevoir cette distinction réservée aux personnages de haut rang

Le rocher de l’Évangile symbolise l’arrivée de l’évangile à Bora Bora. L’évangélisation de l’île de Bora Bora ne commença vraiment qu’en 1816. Tapoa était en 1804, le chef de Bora-Bora et de Raiatea et Tahaa. II résidait à Raiatea mais était en lutte constante avec les autres chefs de l’île, Mai et Tefaaora. Mai était allé à l’école à la station missionnaire de Papetoai à Moorea où il avait apprit l’évangile. En 1810, Mai accompagné de 262 guerriers, il se rend à Huahine pour se joindre aux autres forces envoyées à Pomare. Ces guerriers à leur retour à Bora-Bora, après la défaite du parti traditionaliste (Bataille de Fei-pi en 1815 à Punaauia), apportèrent l’évangile à Bora Bora.

Après la mort de Puni, il n’y eut pas de chef suprême à Bora-Bora avant les années 1820 et les aventures de Tapoa II, dont le père était Tapao, le chef de Tahaa. Tapoa II était marié avec la jeune reine Aimata de Tahiti connue sous le nom de Pomare IV. Lorsque son père mourut, Tapoa II pris le gouvernement de Tahaa, abandonna Pomare IV et s’efforça de reconstituer le domaine de son oncle et de Puni.

Bien que la plupart des sociétés polynésiennes soient devenues trop nombreuses, à l’époque de l’arrivée des Européens, pour qu’un réseau généalogique total puisse être mémorisé, de tels réseaux étaient certainement conservés dans la mémoire des familles de chefs et cela sur plus de 30 générations dans certains cas, d’où la compétence polynésienne dans la récitation de généalogies qui semblaient interminables, car le statut, en effet, en dépendait.

Conformément à la nouvelle politique libérale, au lendemain de l’annexion de Tahiti, le gouverneur Chessé fit paraître un arrêté créant un Conseil colonial composé e douze membres élus. Par conséquent, sur les douze membres élus le 20 août 1880 à cette première assemblée territoriale, trois représentants des autochtones étaient en fait des colons… Le ministre de la Marine et des Colonies était sincèrement convaincu que les Polynésiens n’étaient pas encore suffisamment assimilés pour jouir des mêmes droits civiques que leurs compatriotes métropolitains. Il ne s’agissait donc que d’une discrimination temporaire qui devait disparaître petit à petit, en même temps que les Polynésiens s’accoutumeraient à la langue française !



REMUE… MENAGE

 

A l’Ile de Pâques, l’hypothèse d’un cataclysme fut formulée à cet égard et l’on peut invoquer pour rendre compte de l’évènement, une altération de la qualité de ces « phénomènes-sources » d’énergie utilisés qui aurait entraîné l’inefficacité des procédés de conversion de l’énergie. Il suffit d’imaginer que dans notre monde contemporain, l’électricité fournie par les centrales productrices de courant se trouve inopinément, pour une raison fortuite et imprévue, dans l’impossibilité d’assurer le voltage conforme aux normes de construction des appareils utilisés. La prolongation d’une telle panne désorganiserait très vite notre société et cette analogie éclaire la nature de la catastrophe qui détruisit peut-être la civilisation des hommes du chantier de l’Ile de Pâques.

Or, il convient d’insister sur la fragilité des produits industriels manufacturés à partir des matières premières de synthèse qui n’existent pas au naturel.

 

La stabilité des métaux n’est que momentanée et ils se dégradent très rapidement simplement lorsqu’ils sont exposés à l’agression des agents d’érosion atmosphérique.

Seuls furent préservés les chefs d’oeuvre d’une architecture monumentale qui est la seule référence disponible aujourd’hui pour imaginer les instances technologiques de la civilisation disparue.

Depuis le Vème Millénaire, selon les estimations des spécialistes, l’humanité bénéficie des débris de l’ancien Monde : elle s’abrita dans les mines laissées par une humanité précédente.

 

Au XIXème siècle, Papeete avait déjà commencé à être envahie par une autre catégorie de fauteurs de troubles : les équipages des navires baleiniers dont un nombre sans cesse grandissant faisait relâche à la ville.

Cette affluence était due au fait qu’après plusieurs siècles de chasse sans merci, il n’y avait plus suffisamment de cétacés dans l’Atlantique. Or, la demande d’huile de baleine augmentait simultanément en Europe et en Amérique, où elle servait au graissage des machines industrielles et à l ‘éclairage des maisons et des rues.

Les besoins en ressources (provisions, eau pour l’équipage,…) étaient fournis par les îles hautes qui les leur procuraient, seules.

 

D’une douzaine de baleiniers par an entre 1830 et 1835, nous passâmes à 80 par an à la fin de la décennie ! Sachant qu’un équipage contenait 24 à 36 hommes, les femmes et les boissons alcoolisées étaient fortement sollicitées. Comme les rats descendus des navires, les maladies arrivaient avec eux et restaient parmi la population « visitée »…

Ces pionniers américains perpétuellement dévergondés restèrent à Tahiti. Leurs descendants font aujourd’hui partie d’une sorte d’aristocratie locale : les Sanford, Ellacott et Benett, sont respectés en tant que précurseurs de la ville de Papeete. Il semble pourtant que ces malfrats étaient débarqués de force par leur capitaine car malades ou ayant commis des crimes, ils étaient de vrais déchets humains… Mais à Papeete, personne ne les jugeait. Il n’avait pas plus triste figure que celle de la reine et ses prophètes…

 

La grande ambition de l’empereur Napoléon III était de moderniser la flotte française dans le but de conquérir un vaste empire colonial…

 

Aujourd’hui, le laisser-aller général qui demeure à Tahiti fait réfléchir : décharges, épaves, pollution grandissante et paysages non respectés, demandent à la population de réagir vivement.

 

Certes, de nombreux aspects de la vie polynésienne d’autrefois subsistent encore aujourd’hui et cela est particulièrement vrai pour les langues. Les peuples eux-mêmes ont subi des changements à travers les mariages avec des étrangers et leurs cultures se sont adaptées, sous certains aspects, au monde moderne auquel ils appartiennent désormais. Néanmoins, la Polynésie conserve une grande part de la séduction et du charme qui avaient exercé tant d’attrait sur les Européens, il y a 200 ans.

Prenons pour exemple, l’histoire des Pascuans dont l’île reste un réel mystère car aucune affirmation claire n’a pu être précisée. Roggeveen et les visiteurs suivants remarquèrent tous l’aridité du sol de ce qui fut appelé l’Ile de Pâques. Les arbres étaient pratiquement absents et les célèbres statues surmontées de leur coiffure étaient apparemment encore toutes dressées en 1722. Sans doute dans un but de prière ou de supplication, les insulaires adoptaient devant elles une position accroupie.

Vers 1774, selon Cook, de nombreuses statues avaient été renversées de leur piédestal. En 1863, il semble que toutes les statues étaient couchées, la population avait subi un déclin dramatique et l’une des plus étranges cultures du monde s’était pratiquement écroulée sans avoir été relatée.

 

On ignore encore comment ce phénomène se produisit, et il est très peu probable que la poignée d’Européens qui visita l’île au XVIIIème siècle ait joué un rôle déterminant dans ce destin. Il semble plus vraisemblable qu’une dégradation de l’environnement, s’ajoutant à la fréquence des guerres, succéda à la grande période d’édification des monuments et des statues entre 1 000 et 1 600 de notre ère.

La cause ? Simple.

La surexploitation incontrôlée des ressources peut s’être alors produite.

 

De ses origines marquisiennes et Mangareva, l’Ile de Pâques paraît avoir été complètement isolée des autres parties de la Polynésie après cet établissement initial, et sa culture matérielle ne contenait ni les pilons à nourriture, ni les formes d’herminettes qui se développèrent en Polynésie centrale après l’an 1 000. Le froid glacial et la dureté des sols n’arrangèrent rien…

 

Autour de 1964, le célèbre Francis Mézière était sur place et témoignait entre autres de la considération du gouvernement chilien envers la population pascuane…

Je soulèverai un détail majeur qui parlera pour toutes les injustices et les atteintes à un peuple colonisé, exploité : l’importation de vivres sur l’île ne se faisait alors que trop rarement par le gouvernement chilien : l’apport de lait pour les enfants était exclu de la liste des besoins vitaux ainsi que les vêtements chauds.

Les Amérindiens ont été amèrement désabusés par les colons, parqués comme des bêtes, aujourd’hui interdits de contracter des emprunts bancaires, soupçonnés encore de vouloir récupérer leurs terres…

Les Pascuans, eux, n’ont pas su se révolter de la même manière et personne ne prit le temps de déplorer dans quelle souffrance physique et morale ils ont été considérés par les Chiliens. L’île de Pâques reste mystique jusqu’à en oublier son peuple d’origine.

 

Au début du XIXème siècle, dans un article de presse locale « Les Guêpes » qu’il signe de son nom, Gauguin annonce que le parti catholique en place à Tahiti va tout simplement écrire au président de la République « pour lui demander, si dans nos colonies les gouverneurs sont des gouverneurs républicains français ou des vice-rois autorisés à mener les colons comme des serfs d’un autre temps »…

En raison du départ du talentueux rédacteur en chef, ce mensuel « Les Guêpes » cessa de paraître.

Mais apprenant par des amis travaillant dans les bureaux du gouverneur ce qui se trame, le clan Cardella lança une nouvelle feuille polémique, intitulée LE VRAI, Organe des intérêts français, qui publie en première page une lettre ouverte au ministre des Colonies de l’époque, Edouard Petit, lui annonçant cette nouvelle tragi-comique : « Allons Monsieur le Ministre, quand allez-vous nous enlever ce Gouverneur de notre malheureuse colonie ? Est-ce qu’il n’y a personne qui ait gardé son bon sens dans vos bureaux pour avoir osé nous envoyer un individu de pareil acabit ?… »

 

Gaston Doumergue qui venait d’être nommé ministre des Colonies, préférait ignorer cette attaque fantasque. Et il ne prit, bien entendu, aucune sanction contre le gouverneur Petit, perturbant quelque peu Emile Loubet, le 19 mai 1903 par ses actions au Conseil général – qui fut supprimé par le Président de la République et alors remplacé par un Conseil d’administration consultatif

 

Quelle forte et lourde responsabilité dans laquelle s’engageaient les Européens – les Etrangers -, à long terme, lorsqu’ils entreprirent de refaire – défaire – le Monde, au rythme de leurs incompétences de jugement et au son des perturbations politiques, dont les conséquences – bien plus catastrophiques que les cyclones subis à répétition dans ces îles et dans les autres – n’étaient pas à la hauteur des résultats escomptés ?

Les Européens se sont essayé à une manoeuvre évangélique, politique des plus rigoureuses et évoluées. Sur le terrain, ils avaient affaire à des civilisations déjà bien avancées, bien que très différentes des leurs.

Après une analyse « intelligente » et presque avant gardiste , n’aurait-ce pas été plus simple, plus noble, de se retirer de ces « mondes perdus » pour conserver ce qu’aujourd’hui les descendants de ces peuples « sauvages »… cherchent à comprendre, à savoir et à utiliser de nouveau, comme un « retour aux sources, aux racines » ?

 

Nous entrons dans une nouvelle ère, celle de protéger et de corriger les erreurs du passé.

Si les actes avaient été réfléchis à ces époques, nous n’aurions pas à nous efforcer aujourd’hui de rendre, au nom de nos enfants, ce que les dirigeants européens – voire aussi les plus contemporains – appelaient « les colonies »… un « cadeau » en quelque sorte. Qui doit-on remercier et à quel prix ?

 

On peut alors parler d’un nouvel « effet papillon »…

Les agissements politiques et économiques européens en vue d’explorer – et presque systématiquement d’exploiter les îles et autres peuples qu’ils diront « incivilisés »… -, se répercutent automatiquement sur les coutumes de civilisations dites inférieures, qui existent pourtant depuis des millénaires, perturbant les mentalités et accélérant le processus d’autodestruction, domaine dans lequel l’être humain est particulièrement doué.

Alors, on perturbe, on s’impose, on change tout… à l’image que l’on se fait de la civilisation et de la moralité idéales. On inculque avec insistance – avec une main de fer « puisque ces peuples ne comprennent rien ou presque » -, on raconte des histoires : on impressionne, on met en garde, on fait peur, on menace même…

Et on gagne à tous les coups !

 

L’histoire nous raconte la cruauté des peuples et de leurs « meneurs », partout, sur tous les continents, à travers tous les siècles et surtout dans l’Antiquité : la Grèce, Rome, les Celtes, les Vikings, les Perses… ont fait coulé autant d’encre que de sang, toujours pour deux raisons distinctes et liées à la fois : le territoire et la religion – la mystification foncière ?

 

Comme il est souligné en psychologie, l’Humain est en quête d’identité et de ce fait, il la trouve dans « l’autre », dans « l’opposé ». Les Européens, découvreurs puis colons, étaient à la recherche d’identité, sur d’autres terres que la leur. Il était plutôt aisé de conduire leur quête en ces lieux vierges de toute tromperie, car en France, le peuple – tout particulièrement les régions d’antan – connaissait trop bien les ficelles de ce jeu de conquête, ces faux-semblants…

 

La France a souffert et certains aspects de cette souffrance étaient perceptibles aussi sur son propre territoire métropolitain, alors que tous les regards ministériels étaient portés sur l’océan et sur des problèmes qui leur semblaient majeurs, économiques et stratégiques, se préparant à un avenir plus certain…

La maladie et la famine ont pendant des siècles affaibli la France métropolitaine or les préoccupations des dirigeants de l’Etat français étaient tournées vers les océans et au-delà…

Ils voyaient loin, très loin…

 

Pendant ce temps, les gouverneurs se succèdèrent encore à Tahiti, justifiant par leurs moyens la parade des investisseurs, des responsables,  qui trônaient au gouvernement. Nous sommes au début du XXème siècle, et les désaccords politiques se font toujours aussi persuasifs auprès de la population devenue très métisse au fil des décennies. L’échelle des conseils s’allonge, se ramifie et on y perd son latin !

Il est demandé aux indigènes, à ceux de Tahiti, mais aussi à tous les autres colonies, de participer aux combats de la France contre leurs ennemis.

Les Tahitiens, jugés « trop doux et susceptibles de ne pas supporter les rigueurs de l’hiver français », d’après le gouvernement français en 1914, furent mobilisés en 1916, par le ministre de la Guerre qui changea d’avis et commença à puiser dans le vaste réservoir humain que constituait l’Empire colonial, de très lourdes pertes ayant été subies à Verdun.

 

Pendant tout le 18ème siècle, les cyclones ont été extrêmement rares en Polynésie orientale. Un premier a eu lieu en 1825 et un second en 1878 mais seules les îles Tuamotu ont été touchées.

Après ces deux catastrophes, tout le monde à Tahiti était persuadé qu’aucun désastre de ce genre n’arriverait plus pendant au moins une génération. La stupeur fut donc générale quand, en février 1906, on assiste à un évènement important en Polynésie. La petite capitale déjà surpeuplée, est touchée par une perturbation d’ordre, cette fois, météorologique : Papeete est ravagée par un cyclone.

Les dégâts furent considérables, la reconstruction inévitable.

Pour exemple, parmi les commerçants, le plus éprouvé fut Gaspard Coppenrath, qui avait déjà perdu presque la totalité de ses goélettes et comptoirs de commerce aux Tuamotu pendant le cyclone de 1903. Pour éviter la faillite, il partit en Europe pour chercher des capitaux et y mourut, laissant à Tahiti sa femme , Esther, née Bambridge et leurs douze enfants…

Il mourut en pleine guerre et fut fait chevalier de la légion d’honneur appartenait au puissant clan des Teva qui exerçait sa domination sur le sud de Tahiti

 

 

Les travaux du canal de Panama progressent et ce n’est qu’une question de temps pour que le rêve du gouverneur Page de faire de Papeete l’escale obligatoire de ravitaillement en charbon et en provisions pour le trafic transocéanique, se concrétise enfin. Certains commerçants et gros propriétaires commencent même à envisager la construction d’hôtels pour accueillir les touristes qui ne manqueront pas d’affluer.

 

Tous les colons et commerçants réagissent donc violemment lorsqu’ils apprennent que les fonctionnaires du ministère parisien, qui n’ont jamais visité les îles, proposent sérieusement de déplacer la capitale des E.F.O., après avoir tiré un trait entre Panama et Auckland et découvert que l’île qui se trouve au centre n’est pas Tahiti, mais Rapa, où le climat plus tempéré permet, en outre, la culture de pommes de terre pour approvisionner les paquebots ! Le conseil municipal de Papeete proteste alors énergiquement. Ce projet est finalement abandonné, le conseil municipal faisant valoir qu’il n’existe pas à Rapa de port en eau profonde, comme à Papeete.

 

Hélas, il faut aussi abandonner tout espoir de voir Papeete devenir le Singapour du Pacifique, car douze jours avant la date fixée pour l’ouverture du canal de Panama, le 15 août 1914, la guerre éclate en Europe, mettant à feu et à sang le vieux continent. La mauvaise nouvelle est aussitôt connue grâce à l’escale d’un navire anglais à Raiatea, au moment où la canonnière Zélée de la station locale s’y trouve. L’objectif principal est d’empêcher l’ennemi de débarquer à Papeete et de s’emparer des stocks de charbon qui se trouvent dans la cour du bâtiment de manutention, sur le front de mer. Le commandant Maxime Destremau donne donc l’ordre aux cent hommes d’équipage de transporter les seuls canons disponibles de la Zélée et de les installer sur des fondations en ciment, sur le flanc du Pic Rouge, persuadé que la ville sera attaquée par des navires de guerre allemands venant de Samoa – alors colonie allemande.

 

Destremau ne se trompe que sur un point, car ce n’est pas aux Samoa mais en Chine qu’est basée l’escadre allemande du Pacifique.

Entre temps, une goélette arrivée de Makatea informe Papeete de la présence d’un cargo allemand, le Walkure, dans cette île, en train de charger du phosphate. Destremau avait laissé un grand canon sur le gaillard avant, et la Zélée, opérationnelle, partit capturer le cargo, sans difficultés.

 

Ces deux paquebots marquèrent l’histoire et furent la cible des tirailleurs allemands, mettant à feu les quartiers de Papeete situés dans le champ de tir. A la nuit tombée, Papeete était éclairée comme en plein jour par les lueurs des incendies. Le dépôt de charbon de la marine, qui flambait, dégageait une chaleur intense… Les brasiers menaçaient de s’étendre.

 

Les va et vient de la politique continuèrent à marquer leur temps, la main ouverte au-dessus du « chef » colonisé.

 

Une génération seulement puis la vague touristique ouvre ses portes jusqu’à Tahiti, mettant en avant les images paradisiaques des îles du Pacifique, et surtout, mettant en valeur la beauté légendaire et jalousée des vahine.

 

Une génération de plus, nous voilà au coeur du tourisme – l’oeil du cyclone ? – où les grandes productions cinématographiques des grands continents débarquent avec des Marlon Brando, des BB, suivis de près par des chanteurs et des Présidents de la République française…

 

Au milieu des années soixante, le salaire mensuel d’un pêcheur était couvert en trois jours, pour simplement avoir participé au long métrage, La Bounty.

La plupart des habitants des îles s’occupaient au lavage des vêtements des équipes de tournage, à leur hébergement, leur restauration,… avec de larges compensations pécuniaires ; le début d’un pouvoir d’acquisition, un vrai pouvoir d’achat, comme ces colons blancs qui parviennent à tant de choses.

 

Puis économiquement, tout alla très vite. Simultanément au tourisme et à la ferveur des îles du Pacifique, les essais nucléaires se programmaient sur les atolls.

 

La France a procédé entre 1960 et 1996 à 210 essais nucléaires dont 193 en Polynésie (167 à Mururoa, 14 à Fangataufa et 12 essais de sécurité.

La relance sociale fait là encore un large pas : les besoins des habitants sont satisfaits, la France amène du travail très bien rémunéré.

Personne alors n’a conscience des conséquences de ces essais atomiques : les retombées perçues comme étant plutôt positives pour l’économie, ne le sont pas pour la population. C’est une affaire sanitaire qui s’ouvre et dont on parle encore aujourd’hui.

Hélas, la plupart des Métropolitains ayant connu Tahiti en ces temps forts, ne sont plus pour la plupart, ayant enrayé des cancers pour tous.

 

De 1975 à 1996, on comptabilise 146 essais dans les sous-sols et sous les lagons des atolls et 46 essais nucléaires aériens en Polynésie.

On ne peut plus se nourrir de sa propre pêche aux Gambiers.

Les habitants, les marins, les civils tombés là via les entreprises françaises sous-traitées, ont vu pour la plupart ces magnifiques champignons géants, sans qu’on leur ait fortement déconseillé de s’exposer de cette manière, dans les jardins ou sur les ponts des navires…

 

La population, alors si fière d’être française, arrivait même parfois à prénommer les enfants nés le jour de ces « essais », du nom de la bombe expérimentale !

 

Laissons de côté l’aspect politique, trop vaste, trop complexe, cet ouvrage n’étant pas un article économique.

On ne peut refaire le Monde. On ne peut non plus avoir la prétention de l’améliorer.

L’Homme a été acteur de tant de belles choses, témoin ou victime de tant de tristes conséquences aussi.

 

« Ce n’est pas dire des sottises qui est grave, mais les dire au nom des principes.« (Jean Rostand)

 

Outre les actions entreprises avec maladresse par l’Homme, il faut se vouer à l’évidence que l’Humain n’est pas prêt à entreprendre de grandes choses, de grands bouleversements, s’il n’a pas en son seing la lucidité, le respect et l’humilité.

Le contrôle, il l’obtient à partir de sa réflexion, de son « intelligence » et non par sa cruauté, sa velléité, son goût pour la destruction et son intérêt pour la reconstruction.

 

On parle des temps anciens comme si les dirigeants de l’époque, quels qu’ils soient, d’où qu’ils viennent, étaient à un niveau « inférieur » à nos agissements contemporains.

Il faut comprendre que l’évolution ne passe pas par des gravures, puis des croquis, des photos jaunies et enfin le numérique… Ce ne sont que des marques, des témoins, des preuves, on dira même de l’illustration.

 

Les guerres, l’industrie, les inventions utiles, façonnent l’homme et devraient l’améliorer intérieurement. Il n’en est rien, sauf quelques exceptions, tels les grands et respectés officiers de la Marine de ces époques, les écrivains et autres artistes aux esprits voyageurs, les inventeurs et précurseurs, français ou issus d’autres continents.

 

Puisque l’on ne nous a pas donné le choix, puisqu’on paie aujourd’hui, comme de tous temps, les erreurs des aînés, parce que la société évolue en même temps que les changements climatiques, parce que le temps ne nous appartient pas et qu’il est si précieux que l’on devrait rassembler notre savoir et nos expériences d’Homme, non pas pour avancer, mais plutôt pour rectifier ce qui n’aurait jamais dû être…, ne pourrions-nous pas avoir le loisir, tel un jeu de stratégie autour de la table, de renouer avec nos convictions dans le respect des bases et de la simplicité des choses qui nous ont été offertes ?

 

On ne voit rien. On ne voit que ce qui nous fait peur.

 

C’est bien là tout le mal que l’on se fait. Pourtant, à bien y réfléchir, d’Autres aujourd’hui ont besoin d’aide.

Si l’Europe avait compris ces dernières lignes, sans doute n’aurait-elle pas eu à braver les océans pour perturber à son image, ou du moins à celle qu’elle se faisait d’un monde « juste », les peuplades et leurs coutumes, qu’elles soient issues des îles du Pacifique ou des autres continents.

 

Les plus méritants dans cette expédition « scientifique » ne seraient-ils pas les botanistes et autres illustrateurs embarqués ? Eux sont venus étudier, dialoguer, sans vague, juste pour communiquer, et s’en sont rentrés… rapportant des « bijoux » de leur sage croisade.

 

La science est une magie contemporaine ; la médecine en particulier.

L’archéologie est une science magnifique : on découvre, on étudie et puis on sait tout. Dit aussi destructeur, cet art pourrait être montré mon doigt car pour en savoir davantage, on est très souvent obligé de détruire autour, déloger, découper, extraire,… ce que l’on a découvert. L’Europe en ces temps mouvementés de colonisation et d’instauration a été quelque peu très bonne archéologue !

 

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Publié dans:50ème parallèle Sud |on 4 mai, 2012 |Pas de commentaires »

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